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mercredi 12 septembre 2012

La passion de la politique: Lucien Bouchard et Mathieu Bock-Côté

Je reproduis ici un texte fantastique de Mathieu Bock-Côté du Journal de Montréal

 

Le testament de Lucien Bouchard

MATHIEU BOCK-CÔTÉ - 12 SEPTEMBRE 2012

bouchard

Il s’agit d’un tout petit ouvrage. Mais d’un très beau livre. Je parle de Lettres à un jeune politicien (VLB, 2012) de Lucien Bouchard. Celui-ci nous avertit d’entrée de jeu : il ne s’agit pas d’un condensé de sa pensée politique. Non plus que d’un livre de Mémoires («pas encore», précise-t-il). Plutôt d’une série de lettres à un jeune plus ou moins imaginaire pour le convaincre de s’engager en politique. L’exercice se situe à mi-chemin entre la confession autobiographique et de la philosophie de l’action.

Bouchard y revient sur son parcours pour en tirer quelques leçons. Il survole certains grands problèmes du Québec contemporain. Il se livre surtout à une méditation sur l’engagement politique, sur les vertus et les limites de l’homme d’État. À l’ancienne, on dirait qu’il réfléchit sur la grandeur et sur le déclin du politique. Il parle en connaissance de cause. Lucien Bouchard s’y livre à son meilleur. L’homme s’y exprime avec aplomb. Et sans rancune. Celui qui le lira comprendra mieux la politique. Plusieurs se sentiront interpelles par le message qui s’y trouve.

À quoi sert la politique ?

La question de fond qui traverse l’ouvrage, c’est le rôle de l’action politique. À notre époque, on s’en moque. On survalorise l’économie, la technologie, l’éthique, la communication, l’humanitaire. Mais la politique n’a plus le beau rôle. Un jeune homme ou une jeune femme qui rêve d’engagement ne se mettront plus au service de l’État. Bouchard le soutient : les meilleurs ne s’y engagent plus. Ils ont peur de s’embourber dans la bureaucratie, de se faire lessiver par la presse, de trop y sacrifier sans y obtenir de réelles gratifications. Bouchard est pourtant clair : il faudrait en revenir à une vision élevée de la politique. Elle n’est pas qu’une petite arène où se joue la comédie de l’ambition.

Le politique, c’est le lieu où une société se projette collectivement, où elle s’imagine un destin. «L’avenir du Québec […] passe obligatoirement par la voie politique» (p.114). C’est le lieu d’intersection entre l’idéal et le principe de réalité. L’homme politique doit porter l’idéal et projeter son peuple dans l’avenir. Il doit aussi savoir dire non pour éviter que la société ne se laisse avaler par un fantasme, insiste à plusieurs reprises Lucien Bouchard. L’homme politique n’est ni rêveur, ni père fouettard. En d’autres termes que les siens, la vision de la politique de Bouchard relève davantage du tragique que de l’utopique. La politique n’est pas l’instance par laquelle tout devient possible, mais par laquelle une société forge son destin à travers des choix difficiles. De la richesse ou de la pauvreté de notre conception de la politique dépend l’avenir du Québec.

La politique, nous dit-il, est une ascèse, en revenant sur les origines de son engagement. «Pour mes collègues […] et moi, le substitut à la prêtrise, c’était la politique et le désir de participer à ce vaste mouvement d’émancipation de la société québécoise que fut la Révolution tranquille» (p.30). Il y a donc, si  on le lit bien, une charge sacrée en politique – une grandeur irréductible dans l’engagement au service du commun. Cela permet d’endurer les injures, les attaques personnelles, de tolérer les mesquineries qui accompagnent nécessairement le service public – «il t’en faudra, de la force de caractère, pour surmonter le manque de respect, les critiques acerbes et les attaques personnelles» (p.78). Connait-on un seul grand homme qui n’ait pas la cicatrice d’un coup de poignard au beau milieu du dos? Bouchard pourrait appliquer ce commentaire à tous ceux qui évoluent dans le domaine public. Il faut croire aux vertus supérieures de l’action publique pour tolérer les crachats qui pleuvent sur ceux qui consentent à monter sur une tribune.

C’est à partir de cette fonction que se dessine le rôle de l’homme politique. Si je lis bien Bouchard, un politicien canalise les désirs d’une société, les explicite, et les transforme en vision et en objectifs qu’il cherchera à atteindre. De là l’importance donnée par Bouchard à la parole publique, au discours, tout au long de son ouvrage. La politique demeure l’art de la parole. Bouchard est clair avec son jeune politicien : «il faut que tu établisses avec les gens une communication fondée sur le rationnel, mais portée par la passion. Tu dois faire rêver tes auditoires, les mettre en mouvement. Ce n’est pas évident, je te l’assure» (p.64). Le grand discours, nous dit Bouchard, n’est pas qu’un exercice de style. C’est la rencontre d’une vision et d’une circonstance. L’homme politique doit savoir parler. Éveiller les émotions pour les mettre au service d’un grand projet. Connecter la passion et la raison. Il y a là une part d’intuition qui manque à ceux qui ne voient pas l’homme dans la cité mais seulement le consommateur (de biens privés ou de biens publics) dans une société segmentée en clientèles ou qui s’imaginent l’homme trop bête pour se soucier de l’intérêt général. Peut-on faire une bonne politique sans croire au moins partiellement à la permanence de la nature humaine, même si chaque culture et chaque époque la travaillent différemment?

L’éducation de l’homme politique

Ce qui exige, pour mobiliser les sentiments disponibles dans une société, une immense culture (à tout le moins, une véritable culture), une psychologie fine des émotions collectives du peuple auquel on s’adresse – ce qui implique aussi qu’on en connaisse l’histoire. On trouve là parmi les plus belles pages de Bouchard – on pouvait s’y attendre, lui qui fut le grand orateur du Québec des 30 dernières années. Mais pour parler à l’homme, il faut une culture. Une culture immense qui immunise contre les modes et qui permet de ressentir – et d’agir sur – les sentiments fondamentaux qui irriguent la cité : l’honneur, la fierté, la solidarité, sont de ces sentiments qui lient les hommes même lorsqu’ils se divisent. Je cite encore une fois Bouchard : «plus tu te renseigneras, mieux tu seras armé pour défendre tes opinions – et pour résister aux modes» (p.50). Il faut savoir suivre sa route même quand l’opinion publique va dans une autre direction.

Les passages qu’il consacre à son rapport aux livres sont magnifiques. Il y raconte comment lui, jeune homme, y trouvait dans la lecture le seul exutoire possible dans un univers réel un peu trop morne. Il apprenait et cultivait l’imaginaire. Ce n’est pas sans raison qu’il fera de la Grande bibliothèque un de ses grands projets. La chose était connue et Bouchard la confirme : il a acquis au fil des ans l’intégrale de la Pléiade. On pourrait y voir un fétichisme de collectionneur – ce ne serait pas si mal, d’ailleurs.  Et pourtant, ce serait faux. Cela témoigne surtout d’un homme qui sait ce qu’est un classique. Car on lit les classiques non pas pour s’enfermer dans le musée des humanités passées, mais parce qu’ils explorent les questions fondamentales de la condition humaine. On y revient non pas pour fuir l’homme, mais pour partir à sa rencontre.

L’homme politique qui ne sait pas qu’on gouverne mieux les hommes en les ayant étudiés profondément n’en est pas un : c’est un manager, un gestionnaire. L’homme politique qui n’est pas capable de se retirer chaque jour pendant quelques moments pour plonger dans une œuvre fondamentale risque tout simplement de mal gouverner. Car on exerce bien mal le pouvoir si la vision qu’on a de sa société se résume aux connaissances engendrées et produites par les grands appareils bureaucratiques. Le politicien n’est alors qu’un technocrate avec un mandat électoral. L’homme d’État véritable doit non seulement livrer la marchandise attendue par ses fonctionnaires, mais penser son époque, et se situer par rapport à elle – ce que dit Bouchard à sa manière en soutenant qu’il doit y avoir adéquation entre l’homme politique et «l’esprit de son temps».

La dignité de la politique

L’homme politique doit donc rassembler les hommes malgré leurs divisions. Il doit être l’homme d’exception, que sa fonction relève, et non pas un quidam, confondant l’exercice du pouvoir avec un concours de popularité. On le voit ainsi très sévère envers les bavardeurs qui acceptent – et encouragent même – le basculement de l’action politique dans la société du spectacle – envers ceux, dirait-on, qui désacralisent la parole publique. Je me permets de le citer longuement : «en plus d’être intègre et compétent, le dirigeant politique doit respecter sa fonction. Celle de ministre ou de premier ministre a besoin d’une certaine distance. Comprends-moi bien. Je ne veux pas dire par là qu’il faille se tenir à l’écart de la population. Mais il faut, selon moi, s’abstenir de participer à des émissions de variétés. Quand un politicien va se faire enguirlander dans ce genre d’émissions, c’est inadmissible parce que ça dévalorise la fonction.

Si tu exerces une fonction élective, tu dois te rappeler en tout temps qu’on t’a conféré un statut à ne pas laisser déprécier. Il ne s’agit pas de se penser plus «fin» que les autres. Un rôle institutionnel requiert un certain niveau de dignité, voilà tout. Un  premier ministre peut et doit, bien sûr, être drôle, convivial. Cela ne signifie pas pour autant qu’il doive faire le joli cœur sur des plateaux remplis d’humoristes. Quand tu respectes ta fonction, tu ne dis pas à l’animateur et à ses invités : «on est des chums, tu peux me dire n’importe quoi, et moi je vais faire semblant que je trouve ça drôle. Tu m’insultes, mais je ris avec toi. Je fais partie de la gang». Voilà ce que j’appelle banaliser la fonction. On est, tu en conviendras, bien loin des enseignements du Fil de l’épée, ouvrage dans lequel de Gaulle explique que l’autorité du chef a besoin d’un certain mystère» (p.44-45). La grandeur. La réserve. La distance. Bouchard parle ici le langage de l’autorité (l’autorité n’est le pouvoir autoritaire, pour ceux qui seraient tentés par ce fâcheux amalgame) – il n’hésite pas à citer un vieux romain qui disait qu’un homme politique ne se fait pas élire pour suivre ses électeurs mais pour les gouverner. Le génie de la démocratie ne consiste pas à abolir l’autorité mais à rendre révocables ceux qui l’exercent.

Il faut donc s’engager, dit Bouchard, qui mise avec un mélange de ferveur et de candeur sur la jeunesse, comme le faisait un de nos vieux historiens dont on ne dit plus le nom et qui n’a jamais désespéré d’elle. Il la voit partout. Grouillante. Riche de projets. Désireuse de se dépasser. Mais on ne doit pas confondre. Les jeunes auxquels il s’adresse ne scandent manifestement pas des slogans anarchistes dans la rue, non plus que ne chargent les policiers en croyant y voir des représentants tardifs de la SS. La politique n’est pas que pure protestation morale ou parade de mode idéologique. Non plus que mobilisation circonstancielle. Elle est moins festive qu’austère. Cela consiste à s’engager durablement dans l’arène électorale pour exercer le pouvoir. Si on le lit bien, Bouchard parle des jeunes entrepreneurs, des jeunes avocats, des jeunes universitaires – de la jeune élite québécoise, finalement, des «meilleurs esprits» de notre société. N’a-t-il pas intitulé son premier chapitre «De l’importance d’avoir une carrière préalable» ?

L’étiquette

On s’engage toujours pour un parti, nous dit Bouchard. Doit-on pour autant porter une étiquette? Il insiste : non. La gauche, la droite, voilà des concepts qui semblent l’embêter et qui divisent artificiellement ceux qui pourraient autrement se rassembler. Probablement a-t-il raison. Mais à moitié seulement. Car l’action politique suppose une certaine part de cohérence philosophique – cohérence à laquelle il ne se dérobe pas, d’ailleurs. Et comment peut-on parler de Lucien Bouchard autrement qu’à la manière d’un conservateur? Quelques exemples viennent à l’esprit : Bouchard fait l’éloge de l’enracinement historique et se méfie du présentisme (p.48). Il exécute sommairement la réforme scolaire et les «pédagogues» du ministère – «je me félicite tous les jours d’avoir été formé à l’époque où les pédagogues patentés ne sévissaient pas encore» (p.49). Il nous accuse d’ingratitude envers les religieux catholiques qui ont fait le Québec (p.27). Il s’exaspère contre la puissance de la bureaucratie qui entrave l’action politique et fait l’éloge d’une certaine «robustesse collective quand vient le temps de prendre une décision de développement» (p.55). Il se porte à la défense de la démocratie parlementaire contre les excités portés sur la désobéissance civile (p.56). Il rappelle l’importance du principe de réalité dans la gestion des finances publiques. Et ainsi de suite.

Lucien Bouchard et la question nationale

Ce conservatisme a-t-il quelque chose à voir avec la question nationale, à laquelle Bouchard n’échappe pas? Oui. Car Bouchard est le grand héritier de ce qu’on pourrait appeler le conservatisme québécois. Sur le fond des choses, Bouchard semble demeurer souverainiste (si on désigne ainsi quelqu’un souhaitant qu’un jour, le peuple québécois devienne indépendant), mais se désole de ce que le souverainisme officiel est devenu – la grande coalition gauche-droite du PQ est morte, disait-il dans une entrevue à Alex Castonguay de L’Actualité. Et le souverainisme s’est trop campé à gauche pour rassembler vraiment les Québécois. Mais le nationalisme de Lucien Bouchard demeure profond. Ne serait-ce parce qu’il sait que l’histoire d’un peuple pèse sur son destin. Je le cite : «il y a quelques temps, je me suis mis à relire l’histoire du Québec. J’ai pris pleine conscience du traumatisme que fut la Conquête. Quand je pense que des historiens ont tenté, récemment, de nous faire croire qu’elle n’a jamais eu lieu. Celle-là, je ne peux pas la digérer. Je t’invite à relire le récit de cet épisode tragique de notre histoire dont on ressent encore aujourd’hui les conséquences» (p.48). La bonne éducation politique passe donc par l’éducation historique. Autrefois, c’était une évidence. Aujourd’hui, c’est presque une hérésie.

Et pourtant, Bouchard n’a pas tort. Sa ligne de fond, c’est la fidélité première au Québec. Qui ne saurait se laisser enfermer dans une seule option sans d’un coup se stériliser. La polarisation souverainiste-fédéraliste telle qu’elle prend forme en ce moment n’est pas à la veille de se dénouer à l’avantage de l’indépendance, dit-il. Et pourtant, «toute politique fondée sur le déni a peu de chances de réussite. La divergence qui sépare souverainistes et fédéralistes au Québec est ancrée si profondément dans le débat politique, et depuis si longtemps, qu’elle semble s’être intégrée au paysage politique. […] De toute façon, quel que soit le parti au pouvoir au Québec, il ne pourra faire autrement que de s’astreindre à un devoir de vigilance et de défense à l’égard de toute tentative d’empiètement émanant d’Ottawa. Sois certain que ces incursions se poursuivront» (p.113). Les intérêts vitaux du Québec transcendent les partis.

Dans son entrevue à L’Actualité, Bouchard poussait l’analyse plus loin : «Quelqu’un qui est en politique, surtout s’il forme le gouvernement, va avoir de la difficulté à échapper à cette dichotomie-là. C’est au cœur de notre débat depuis 40 ans. Ce serait un peu les limbes constitutionnels. Or, la politique, ce n’est pas les limbes, c’est la réalité. Il y a des positions à prendre. Il y a une dynamique entre le Québec et le fédéral, c’est toujours une partie de bras de fer. Un premier ministre doit gérer cette responsabilité. Est-ce que ça peut se faire en dehors de l’axe souverainiste-fédéraliste ? Ou bien on accepte la fédération, ou bien on ne l’accepte pas». Il y a là un réalisme politique qui ne limite pas les enjeux politiques québécois à la seule obsession référendaire mais qui ne croit pas nécessaire pour autant de discréditer la question nationale.

Mais Bouchard n’est pas un excité référendaire. Il sait le coût de la défaite. Un peuple qui lutte pour son indépendance et échoue en paie le prix. «Il serait irresponsable d’exposer le Québec à une autre défaite quand on sait le prix qu’il a fallu payer au lendemain des échecs de 1980 et de 1995. Le premier nous a valu le rapatriement forcé de la constitution, l’imposition d’un droit de véto et la diminution des pouvoirs de l’Assemblée nationale. Quant au second, il s’est soldé par la mise en place du verrou de la loi sur la clarté» (p.110). On ajoutera avec Bouchard qu’une si importante défaite n’est pas sans effets psychologiques graves sur la collectivité. Nous ne nous sommes toujours pas remis de l’avortement référendaire, conclut Bouchard. Autrement dit, le nationalisme, cette fidélité première au Québec d’abord, doit demeurer la pierre d’assise du débat politique. Et demeure suffisamment large comme référence pour accueillir ceux qui ne sont pas déjà convertis au souverainisme, et plus encore, au souverainisme dans sa version péquiste.

Je m’aventure ici à l’extérieur du livre de Bouchard. Je cartographierais à peu près ainsi l’espace politique québécois actuellement en ce qui a trait à la question nationale. J’y vois quatre camps découpés sans trop de précision: celui du 1) plus jamais! 2) celui du grand bof ! 3) celui du pas maintenant 4) celui du Immédiatement. Les premiers sont au PLQ, les seconds sont divisés entre le PLQ et la CAQ, les troisièmes entre la CAQ et le PQ, et les derniers entre le PQ et les petits partis souverainistes. Le nationalisme québécois est intimement fragmenté. Et une majorité référendaire ne sera possible que lorsque les trois dernières catégories se rassembleront politiquement. Cela n’est pas à la veille d’arriver. Je l’écrivais dans Fin de cycle, l’essentiel, en ce moment, n’est pas de faire l’indépendance mais de s’assurer qu’elle demeure possible. La chose est encore plus vraie à la lumière des derniers résultats électoraux.

Le Québec n’est pas à la veille de son indépendance. Les souverainistes le savent aussi. Cela ne veut pas dire qu’ils doivent démissionner de leur option, mais qu’ils ne doivent pas tout mettre leurs œufs dans le panier référendaire. Ils ne le font pas d’ailleurs. Mais une chose demeure : tant que le grand parti du Québec d’abord ne sera pas de nouveau rassemblé politiquement, le Québec n’ira nulle part.  Tant que les Québécois ne se mettront pas d’accord à nouveau sur une commune définition de leur situation collective, de leur situation historique (ce qu’ils ne sont plus capables de faire pour l’instant), ils n’avanceront pas. Nous sommes en attente d’une nouvelle synthèse québécoise, d’un nouvel élan, de nouvelles raisons de croire au Québec. Bouchard est persuadé, et répète à plusieurs moments, d’ailleurs, que les Québécois sont en attente d’une nouvelle vision collective. Pourrait-on dire d’une nouvelle Révolution tranquille? Reste, suggère-t-il aussi, à ce que certains, les meilleurs, s’engagent en politique pour lui permettre d’éclore.

«L’histoire du Québec, dit Bouchard, est une longue chaine d’efforts, de joies, de revers, de dépassements personnels. Ton destin s’inscrit dans le prolongement du parcours de ce peuple déterminé à survivre et s’épanouir comme nation francophone en plein cœur d’un immense continent anglophone. Plus tu fréquenteras notre histoire, plus tu constateras que, tout au long de cet itinéraire, la solidarité politique s’est avérée cruciale» (p.109). Cela nous ramène au grand homme. Bouchard en était un. Il en est toujours un d’ailleurs. Dans un monde idéal, il reviendrait. Il donnerait ses dernières années à la nation. Il arriverait comme à la manière d’un père réconciliateur dans une nation divisée pour la rassembler, pour lui redonner l’élan qui lui manque, pour montrer l’idéal au loin. Mais il ne reviendra pas. Nous le savons depuis longtemps. Nous sommes des millions de Québécois, je crois, à avoir de la difficulté à en faire vraiment le deuil. À tout le moins, il vient de nous lire son testament. Je suis d’avis qu’il devrait inspirer les Québécois à croire encore au Québec.

No de billet: 21382-21-90-21-1

lundi 9 mai 2011

Prochain et seul objectif: Mettre dehors Charest et sa gang de corrompu au plus vite!!!!

Il y a un grand gérant de l’artiste québébécois la plus connue sur la planète qui a déjà dit: Avant de réagir à une question importante, prends 48 heures pour y réfléchir….

J’ai publié le 4 mai dernier un WeBillet sur ma vision des résultats de l’élection du 2 mai 2011. Mon titre était

Analyse du 2 mai: Fin du statu quo, dernière chance au fédéralisme???

Force est de constater que la grande majorité des billets, des commentaires lus et publiés après mon WeBillet rejoignaient ma pensée…Une nuance toutefois, les autres parlent de volonté de changement, je parle plutôt de fin du statu quo…Le changement attendu n’arrivera jamais d’Ottawa. Ce vote forcera les québécois à mettre fin, eux même au statu quo constitutionnel actuel…

Mais maintenant après que la poussière est pratiquement toute retombée, quelle serait la prochaine action que les québécois doivent faire???

Avant de répondre à cette question je vous proposes…un retour sur les passages plus important, à mes yeux, que j’ai retenu dans mes lectures:

Les citations suivantes viennent de plusieurs auteurs dont Mathieu Bock-Coté, Josée Legault, Normand Lester et Richard Le Hir qui ont tous réagit à cette élection en donnant des points de vue…intéressants

    • Surreprésentés dans un parti d’opposition national canadien qui n’a aucune expérience du rôle qu’il s’apprête à jouer et qui n’y est absolument pas préparé, les Québécois vont rapidement découvrir que leur influence politique n’a non seulement pas augmenté avec leur appui massif au NPD, mais qu’elle a en fait diminué. Désenchantement rapide garanti.
    • Tout ceux qui seraient tentés de voir dans les résultats de cette élection un rejet de l’option indépendantiste seraient bien avisés de retenir leur jugement. En accordant leur appui au NPD, les Québécois viennent de donner un grand coup de pied dans la fourmilière et d’exprimer leur profond besoin de changement, tout en jouant leur dernière carte canadienne en désespoir de cause.
    • Le Bloc avait certainement son utilité, ne serait-ce qu’en empêchant les partis fédéralistes d’occuper le terrain, mais sa présence à Ottawa pouvait aussi contribuer à rendre le fédéralisme plus acceptable.
    • Le NPD est un parti de gauche. Certains verront dans le mouvement en sa faveur un appui à ses idées. Ce n’est ­aucunement le cas. Cette élection ne s’est pas gagnée à gauche. Elle s’est gagnée au peuple. Le vote NPD n’était pas un vote gauchiste, mais un vote populiste.
    • Un fait fondamental : il y a aujourd’hui une puissante exaspération populaire contre la classe politique. Elle n’est pas exclusive au Canada. Partout, le peuple se sent abandonné. Lorsqu’on lui en donne l’occasion, il lui arrive de se révolter. Cette fois, l’occasion s’appelait NPD.
    • Cela dit, je ne suis pas un des grands penseurs stratégiques du mouvement souverainiste. Je note néanmoins au passage que, jusqu’à présent, leurs savants calculs les ont mené à la plus cinglante défaite souverainiste en quarante ans.
    • À force de se faire plaisir et de se parler entre eux, les têtes pensantes souverainistes sont en bonne voie de se déconnecter de leur propre électorat.  On ne peut pas éternellement prétendre être les seuls à avoir le pas sans risquer de se réveiller tout seul un bon matin
    • De toutes les conclusions que l’on peut tirer de l’élection du 2 mai, la plus générale et la plus évidente est que les Québécois, toutes origines, langues et géographies confondues, veulent du changement. Qu’on en juge : si le Bloc a perdu 490,000 votes, les Conservateurs en ont perdu 157,000, les Libéraux 322,000 et le Parti Vert 44,000 ! Tout ce beau monde est allé au NPD, qui a reçu 1,628,000 votes soit 1,187,000 de plus qu’en 2008. Parlez-moi d’un mouvement de foule !
    • Selon toutes probabilités, les orientations du gouvernement Harper heurteront et irriteront les Québécois dans de nombreux domaines, certains émotifs (le registre des armes à feu), d’autres économiques (commission des valeurs mobilières, garantie de prêt à Terre-Neuve), politiques (Afghanistan, manie du secret, politique culturelle), sécuritaires (politique purement répressive envers le crime), environnementaux (gaz à effet de serre) et possiblement d’autres encore. Cependant, aucun de ces sujets ne provoquera une crise grave, seulement une crise permanente d’urticaire.
    • Aucun doute que Harper ne fera plus rien pour le Québec. Il en a plus besoin.
      Le NPD ne livrera jamais la marchandise aux Québécois. Sur les 57-58 députés du NPD - 2-3 ont de l'expériences en politique, les autres étaient des poteaux et ils vont le rester. Ces derniers gagnaient rien et du jour au lendemain, pour les 4 prochaines années, s'ils restent dociles, ils vont empocher chacun autour de 600,000$. Aucun ne quittera le bateau du NPD. Mais c'est pas grave du tout et même c'est pour le mieux.
      Imaginé des bleus...qui connaissent rien à la politique ou presque qui vont être obliger d’arrêter de s'amuser et de travailler. Ca va être le bordel rapidement. On va rire.
    • Pour ce qui est de votre vision du PQ et de Pauline, on est d'accord... Legault...vous avez également raison mais Legault est un gars très intelligent. Je connais personnellement sa garde rapprochée. Il a été...est et sera toujours un souverainiste. Présentement il ne travaille pas à la souveraineté, mais ce que vous appelez donner une chance ( la dernière ) à des offres du fédéral. Charles Sirois  aura beau l'avoir à l'oeil, tôt ou tard Sirois va partir, congédier et larguer par Legault. Il est difficile de voir dans une boule de cristal en politique (on la vue le 2 mai) Pour moi...il reste 2 ans au PC, au NPD et à Charest pour ouvrir une ronde constitutionnelle après il sera trop tard..
    • Les seuls dans cette affaire qui méritent d’être vivement dénoncés sont les 22 403 électeurs du comté qui ont voté pour elle simplement pour faire comme tout le monde. Cela s’applique bien sûr à tous les imbéciles du Québec qui ont voté aveuglément en faveur de « poteaux » (quelle que soit leur valeur personnelle) parce qu’on a parlé en bien de Jack à tivi.
    • La majorité des électeurs ne comprend rien à la politique en général et encore moins aux questions économiques et au fonctionnement de l’État. Ils se méfient des politiciens dont bon nombre sont soupçonnés d’être des menteurs et des corrompus au service des milieux d’affaires et des lobbies. Pour s’y retrouver, ils se fient à des références : amis, parents, journalistes, commentateurs à la radio ou à la télé. Cette fois, il y avait unanimité. Jack, Jack, Jack, faisaient les canards, les perdrix et les sarcelles..., comme le dirait Vigneault.
    • Quant au PLC, ses appuis sont en chute libre au Québec depuis la Nuit des longs couteaux en 1981, le rapatriement unilatéral de la Constitution en 1982, la répudiation de l’Accord du lac Meech en 1990, le « love-in » de 1995, la Loi sur la clarté en 2000, le scandale des commandites en 2005, le scandale Option-Canada en 2007, et l’effet halo du désaveu de Jean Charest et du PLQ. Ça fait beaucoup pour un même parti, et cette année, même ses appuis les plus irréductibles ont commencé à lui faire défaut. Il ne s’en remettra jamais, et c’est pourquoi ses principaux dirigeants parlent désormais d’une fusion avec le NPD.
    • Les Québécois n’ont donc pas du tout perdu le Nord à l’occasion de la dernière élection. S’ils ont laissé tomber le Bloc, c’est qu’ils ont senti que sa présence ne faisait pas avancer le débat, qu’elle les condamnait à l’immobilisme, un immobilisme dont s’accommodait au fond fort bien le ROC. En appuyant aussi massivement le NPD, ils font bouger les lignes, non pas au péril du Québec, mais au péril du Canada. On joue désormais sans filet, et le moindre dérapage sera difficilement rattrapable.

Un dénominateur commun semble poindre vers la prochaine action, le but à atteindre,  que les québécois doivent faire: Prochain et seul objectif. Mettre dehors Charest et sa gang de corrompus au plus vite…

Comment? Dans mon prochain billet, je vous donnerai mes recommandations…si vous avez des suggestions je suis ouvert…

No de billet 73212-11-50-90-1

lundi 18 avril 2011

Un Har-Peur majoritaire serait une condition gagnante pour un référendum gagnant????

Je disais dans un dernier WeBillet que j’avais entrevu quelques part un point intéressant sur l’hypothèse suivante:

Un gouvernement majoritaire de Stephen Harper serait une grosse condition gagnante pour la tenue d’un dernier et gagnant référendum sur la Souveraineté??

Je crois qu’il vaudrait la peine de développer et d’échanger entre Nous Souverainistes de la logique de cette tactique et de la suite de la  stratégie.

Je vous proposes donc de réfléchir à voix haute:

Quelques constats:

  1. Harper est un habile manipulateur;
  2. Est ce que le segment des indécis, des mous, des fédéralistes fatigués, des nationalistes de centre droit qui aime la Souveraineté mais qui se sont exclus du PQ parce que considéré trop opportuniste...ces gens là sont ils trop "manipulable" ???
  3. Avec un Harper super manipulateur, peut on  nous assurer de leur soutien lors du prochain et espérons le dernier référendum???
  4. Un gouvernement majoritaire de Harper sans le Québec ( pas plus de 3-4 députés) seraient le meilleur des résultats le 2 mai??
  5. Que feraient le PCC majoritaire sans le Québec?
  6. Imposerait il les vues de la droite religieuse de l’ouest et du reste du Canada???
  7. Y aurait il un choc de cultures et de moeurs qui ferait rager la grande majorité des francophones québécois?

Quelques autres éléments à tenir compte et  à venir dans le portrait:

  1. Pauline Marois prend le pouvoir d’ici 2 ans
  2. Le gouvernement du PQ tient une commission d’enquête publique sur:
    • La mafia dans la construction
    • La ville de Montréal
    • Le financement du PLQ
  3. Les conclusions de ces enquêtes tendent à démontrer que ces scandales sont encore plus énormes que le dossier du scandale des commandites.
  4. Apres ces conclusions, la tendance lourde depuis plus d’un an des sondages indiquent que la souveraineté est rendu à plus de 55%

Nous nous retrouvons donc quelques parts en 2015-2016…

et le Québec tient un dernier référendum gagnant.

Le Québec devient un pays.

Est ce que ce scénario a du sens???

Donne moi votre opinion…

 

No de billet 02802-11-4081-1

jeudi 8 juillet 2010

Harper déclare la guerre aux séparatistes….

C’est maintenant confirmé.

Le premier ministre du reste du Canada,  Stephen Harper vient de nommer le remplaçant de Mikaelle Jean au poste totalement inutile de gouverneur générale du Canada.

Apres s’être tapé, une visite royale couteuse et encore moins utile, le ROC sera content de la nomination de David Johnson (Voir les détails ici, là, encore ici et encore là) .

C’est un pur et dur “Canadian”. Un de ses hauts faits d’armes fut le rôle qu’il a joué dans le dernier référendum sur la Souveraineté du Québec. Il a été un co-président du comité du NON.

Donc, Il a été un collègue de Jean Charest lors de cette historique campagne. Je suis sur que lui non plus ne connaissait pas le groupe d’Option-Canada. Il ne connaissait pas les personnes impliquées et ceux qui ont payés pour le fameux love-in, 3 jours avant le référendum de 1995. On dit de lui, entre autres qu’il est un spécialiste des questions constitutionnelles.

Ce qui me parait intéressant dans cette nomination stratégique, c’est que Harper prévoit que la question constitutionnelle sera à l’avant scène politique dans les 5 prochaines années. Dans le fond, par cette nomination Harper déclenche la guerre aux Séparatistes.

Il prévoit fort probablement que le PQ:

  1. prendra le pouvoir aux prochaines élections
  2. déclenchera une commission d’enquête publique sur le financement du PLQ
  3. déclenchera une commission d'enquête sur les pertes de 40 milliards de la CDPQ
  4. déclenchera une commission d’enquête publique sur le cafouillage dans l’achat avortée d’Energie NB
  5. Suite à ces enquêtes publiques, pourra voir le taux d’appui à la Souveraineté  qui grimpera au dessus de 55%
  6. Tiendra un référendum sur la souveraineté et qu’il risque fortement qu’il soit GAGNANT

Ca lui prends donc un allié indéfectible au poste insignifiant de Gouverneur Général. Harper risque d’avoir besoin d’un symbole “Canadian” fort à ce poste pour bloquer constitutionnellement un OUI fort à un référendum…

Finalement, pas de doute…là. Les astres sont de plus en plus favorables à la Souveraineté. Souverainistes ne baissont pas la garde.

NOTRE J s’en vient…

No de billet 43061-01-70-80-1

jeudi 27 septembre 2007

Le ROC, des racistes, c'est pas sur, c'est ben sur - Prise 2

Lorsque les preuves s'accumulent, lorsque les mêmes faits reviennent souvent, force est de constater que ceux-ci deviennent des sources de remises en question de nos convictions, les plus profondes.

Ce n'est pas la première fois que je vous dit ( ici, là, encore ici ) que le Rest of Canada (ROC) sont des racistes, on en a encore une preuve ce matin.

Dans un de ces meilleurs papiers, Marco Fortier du Journal de Montréal nous rapporte ici le contenu d'une rencontre du PLC tenu ses derniers jours.

Je retient 3 passages de son texte:
  1. Aux militants francophones qui réclament que le quartier général du parti et le bureau du chef de l'opposition fassent une plus grande place aux Québécois, Mister Carroll a répondu: «Si j'embauche plus de Québécois, est-ce que je vais aussi devoir embaucher plus de Chinois?»
  2. On a tous failli un jour devenir souverainistes à force de côtoyer nos collègues du Canada anglais», me dit en riant un militant libéral de longue date.
  3. Même chose au Parti conservateur. Des membres canadiens-anglais du gouvernement Harper ont avalé leur café de travers quand le premier ministre s'est levé aux Communes pour reconnaître la nation québécoise.
Cette fois-ci, c'est pas moi qui rapporte ses dires.

Je sais pas qu'est ce que ça va prendre pour les fédéralistes québécois du PLC, du PLQ, du PCC pour se réveiller, pour qu'ils tiennent debout mais vous êtes pas tannés, fatigués de vous faire marcher dessus.

Grandissez, affranchissez vous de votre aplatventriste. S'en est pathétique... c'est quoi que ça va vous prendre pour que vous compreniez que la seule voie possible pour le faire..c'est de faire la souveraineté.

Je le redis, le ROC, des racistes, c'est pas sur, c'est ben sur


Fédéralistes , expliquez moi les déclarations de vos dirigeants anglo-racistes????